Diagnostics immobiliers : lesquels sont obligatoires, lesquels sont utiles ?
DPE, amiante, plomb, termites, état des risques... Entre les diagnostics réellement obligatoires et ceux qui dépendent des caractéristiques de votre bien, difficile de s'y retrouver.
Le socle : les documents à prévoir dès la mise en vente
Deux documents doivent être disponibles dès la publication de l'annonce et communiqués au candidat acquéreur dès les premières visites :
- Le DPE (diagnostic de performance énergétique) : obligatoire pour la vente de tout logement, quelles que soient son ancienneté et sa localisation — seules de rares situations y échappent, notamment les bâtiments indépendants de moins de 50 m² de surface de plancher. Il est valable 10 ans et son étiquette doit figurer dès l'annonce. Opposable depuis le 1ᵉʳ juillet 2021, il engage la responsabilité du vendeur en cas d'erreur, à l'exception des recommandations de travaux, qui restent purement indicatives. (Code de la construction et de l'habitation, articles L. 126-26 et suivants).
- L'état des risques (anciennement ERP) : exigé dès lors que le bien est situé dans une zone concernée — risque naturel (inondation, sécheresse, séisme), minier, technologique, radon, recul du trait de côte ou secteur d'information sur les sols. Il n'est valable que 6 mois et doit être actualisé à la signature si les informations qu'il contient ne sont plus exactes. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2023, l'annonce doit renvoyer au site Géorisques et l'état des risques être remis dès la première visite (Code de l'environnement, articles L. 125-5 et R. 125-23 à R. 125-27).
· L'audit énergétique :
ð En France métropolitaine : il est obligatoire pour la vente d'un bien classé F ou G au DPE depuis le 1ᵉʳ avril 2023, et pour les biens classés E depuis le 1ᵉʳ janvier 2025 ; la classe D suivra au 1ᵉʳ janvier 2034. La date de référence est celle de la signature : l'obligation s'applique dès lors que la promesse de vente ou, à défaut, l’acte de vente est signé à compter de ces échéances.
ð Dans les départements et régions d'outre-mer, le calendrier est décalé : l'obligation s'applique aux bâtiments classés F ou G depuis le 1ᵉʳ juillet 2024, et s'étendra aux bâtiments classés E à compter du 1ᵉʳ janvier 2028.
L'audit est valable 5 ans. Attention : il ne vise que les maisons individuelles et les immeubles d'habitation détenus en monopropriété. (Code de la construction et de l'habitation, article L. 126-28-1 ; décret n° 2022-780 du 4 mai 2022).
Les diagnostics conditionnés à l'âge, à l'équipement ou à la localisation du bien
D'autres documents ne sont exigés que si votre bien remplit certaines conditions précises :
- Amiante : obligatoire si le permis de construire a été délivré avant le 1ᵉʳ juillet 1997. En l'absence d'amiante, la validité est illimitée, à condition que le constat ait été réalisé depuis le 1ᵉʳ avril 2013 : les constats antérieurs doivent être refaits avant la vente. En cas de présence d'amiante, un contrôle périodique s'impose tous les 3 ans (Code de la santé publique, articles L. 1334-13 et R. 1334-14 et suivants).
- Plomb (CREP : Constat de Risque d’Exposition au Plomb) : obligatoire pour les logements construits avant le 1ᵉʳ janvier 1949. Si le diagnostic révèle une concentration de plomb au-dessus du seuil légal (1 mg/cm²), des mesures de protection doivent être mises en place pour les occupants. Validité illimitée si le constat conclut à l'absence de plomb, mais 1 an seulement en cas de présence détectée — validité de 6 ans en location (Code de la santé publique, articles L. 1334-5 à L. 1334-12 et R. 1334-10 à R. 1334-12).
- Électricité et gaz : obligatoires si l'installation intérieure a plus de 15 ans. Validité de 3 ans en matière de vente — validité de 6 ans en location (Code de la construction et de l'habitation, articles L. 134-7 et L. 134-9, R. 126-33 à R. 126-41).
- Termites : uniquement dans les zones délimitées par arrêté préfectoral, avec une validité de 6 mois seulement (Code de la construction et de l'habitation, article L. 126-24, issu de la loi n° 99-471 du 8 juin 1999).
- Assainissement non collectif : obligatoire lorsque le logement n'est pas raccordé au réseau public de collecte. Le contrôle est réalisé par le SPANC (Service Public d’Assainissement Non Collectif) et vaut 3 ans (Code de la santé publique, article L. 1331-11-1).
- Bruit (état des nuisances sonores aériennes) : obligatoire si le bien se situe dans une zone d'exposition au bruit d'un aérodrome, définie par un plan d'exposition au bruit. Il doit être établi à la date de sa remise (Code de l'urbanisme, article L. 112-11).
- Loi Carrez : obligatoire uniquement en copropriété, pour mesurer précisément la surface privative du lot vendu. Les lots de moins de 8 m², ainsi que les caves, garages et emplacements de stationnement, en sont exclus. Le mesurage n'a pas de durée de validité, mais doit être refait si des travaux modifient la surface (article 46 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965).
- Carnet d'information du logement (CIL) : ce n'est pas un diagnostic, mais il doit être remis à l'acquéreur si le logement a fait l'objet d'un permis de construire ou d'une déclaration préalable déposé depuis le 1ᵉʳ janvier 2023, ou de travaux de rénovation énergétique depuis cette date (Code de la construction et de l'habitation, articles L. 126-35-2 à L. 126-35-11).
Ce qui n'est pas obligatoire, mais fortement conseillé
Certaines vérifications ne sont imposées par aucun texte, mais restent vivement recommandées selon la situation du bien :
- Un diagnostic mérule : La mérule ne fait pas l'objet d'un diagnostic obligatoire. Dans les zones délimitées par arrêté préfectoral comme contaminées ou susceptibles de l'être, la loi impose seulement au vendeur d'informer l'acquéreur : il doit lui transmettre les éléments dont il a connaissance sur une éventuelle présence de mérule. (Code de la construction et de l'habitation, article L. 126-25).
- Un état parasitaire élargi : Le diagnostic termites ne couvre que les termites. L'état parasitaire recherche aussi les autres insectes du bois et les champignons. Il n'est pas obligatoire, mais il est utile sur un bien ancien ou en zone humide.
Ces vérifications volontaires ne sont jamais une perte de temps : elles évitent des découvertes tardives, qui peuvent bloquer une négociation, voire remettre en cause la vente après la signature.
Pourquoi ne pas prendre ces obligations à la légère ?
L'absence ou la falsification d'un diagnostic engage directement la responsabilité civile, et parfois pénale, du vendeur. Un dossier de diagnostic technique (DDT) incomplet ou périmé peut entraîner l'annulation de la vente ou une réduction du prix négociée a posteriori par l'acheteur.
Ce qu'il faut retenir
Le bon réflexe n'est pas d'attendre le compromis pour découvrir quels diagnostics s'appliquent à votre bien : mieux vaut les anticiper dès la mise en vente. Le DPE, l'état des risques et, lorsqu'il est requis, l'audit énergétique sont à prévoir en premier : l'étiquette du DPE figure dès l'annonce, les deux autres sont remis dès la première visite. Les autres dépendent de l'âge du bien, de ses équipements et de sa localisation. Les commander tardivement, c'est prendre le risque d'un retard ou d'une mauvaise surprise en pleine négociation.
Vous ne savez pas quels diagnostics s'appliquent à votre bien ? Nos agents ERA peuvent vous orienter et vous accompagner dans la constitution de votre dossier, avant même la mise en vente.