
Est-ce le moment d'acheter ?
En cette fin des JO de Paris, l’ensemble des médias généralistes incitent les propriétaires à vendre leurs biens immobiliers. Mais qu’en est-il vraiment côté investisseurs ou primo accédant ? Où sont les bonnes affaires ? Les normes environnementales sont-elles un atout ? Où en sont les taux d’emprunt ? Quel est le niveau d’octroi des banques ? Pas facile de démêler le vrai du faux. En clair, est-ce le moment d'acheter ?
Si en période post covid, le marché de l'immobilier français a connu une flambée des volumes de ventes quasiment unique, fort a été de constater que cette embellie n'a été que de courte durée. Tandis que les taux d'emprunt étaient eux aussi en parallèle, historiquement bas, tous les voyants étaient au vert. Mais les années se suivent et ne se ressemblent pas. 2023 restera quant à elle, une année noire marquée par une envolée des taux d'intérêt, des prix stables et un volume de l'octroi de prêts en chute libre. Une équation difficilement tenable qui a totalement rebattue les cartes du marché de l'immobilier, notamment dans les centres urbains.
Tandis qu'ils sont passé de quasiment 0% à près de 5% en quelques mois, les taux des crédits immobiliers sont redescendus de 4,17% en moyenne en janvier dernier à quelques 3,70% six mois plus tard au mois de juin. Les banques qui avaient considérablement baissé leur production de crédits immobiliers pour arriver au seuil le plus bas depuis 10 ans commencent à relancer la production de ces crédits immobiliers avec une augmentation de 44,2% au second trimestre 2024. Cette hausse a également permis de passer de seulement 28% de crédits accordés fin 2023 à 49,1% le mois dernier. Si l'on en croit les perspectives de la BCE (Banque Centrale Européennes) qui envisage de continuer à baisser ses taux directeurs, les taux d'emprunt des crédits immobiliers devraient continuer de baisser de manière mécanique au moins jusqu'à la fin de l'année. Cette baisse significative devrait permettre à nombre de primo-accédants de voir leurs dossiers de prêts acceptés et ainsi de pouvoir accéder à la propriété. D'autre part, dans un contexte économique et politique quelque peu chamboulé ces derniers mois, de plus en plus de gestionnaires de patrimoines et de notaires incitent leurs clients à se délester de certains biens ou à revoir leurs ambitions à la baisse quant à leurs biens déjà en vente. Ils comptent ainsi anticiper une éventuelle baisse des prix de l'immobilier et de diversifier leurs portefeuilles de valeurs. La rentrée s'annonce donc sous les meilleurs auspices pour les acheteurs de biens immobiliers.
Dans le contexte particulièrement tendu de l'immobilier en France en 2023, de nombreux biens sont restés sans acquéreurs faute d'obtention de financement ou en raison d'une surestimation du prix de ces biens immobiliers. Aujourd'hui, avec une simplification de l'accès au prêt immobilier et des taux baissiers les acheteurs peuvent envisager des négociations à la baisse pour ces biens qui peinent à trouver preneur. D'autre part, l'obligation de diagnostique immobilier accompagné d'un DPE et les nombreux paramètres qui entrent en ligne de compte dans ces nouveaux DPE font baisser les prix de l'immobilier en province comme en ville. Ainsi les biens classés F ou G font, le plus souvent l'objet de négociations pouvant aller jusqu'à 20% du prix de vente initial. Selon les professionnels de l'immobilier ce type de transaction a tendance à se banaliser en raison des aides gouvernementales, régionales et départementales octroyées pour la rénovation énergétique des bâtiments. Cependant, ces dispositifs d'aide et d'accompagnement sont, le plus souvent, limités dans le temps. Les acheteurs doivent donc profiter de telles opportunités au plus vite.
Entre la baisse des taux des crédits immobiliers, qui devrait se poursuivre au moins jusqu'à la fin de l'année, et le réservoir de biens qui sont déjà ou bien qui arrivent à la vente, le marché immobilier français en ce début de second semestre 2024, tend à retrouver un certain équilibre. La relance de production de prêts immobiliers par les établissements bancaire, permet à nouveau une perspective de mise en concurrence pour les candidats à l'achat d'une maison ou à l'achat d'un appartement. Si, du côté des investisseurs le contexte politique actuel freine l'achat de biens immobiliers locatifs, en revanche, du côté des primo-accédants, l'horizon semble propice à l'achat d'un bien immobilier. Qu’il s'agisse de l'achat d'une maison individuelle ou de l'achat d'un premier appartement, il est temps de passer à l'action, dans l'immobilier neuf comme dans l'ancien.