
Règlement, PV d’AG, fiche synthétique, état daté : tant que le dossier est incomplet, le délai de rétractation de votre acheteur n’a même pas commencé.
Vous avez trouvé un acheteur, le prix est convenu, le rendez-vous chez le notaire est calé. Puis le syndic met trois semaines à fournir un document, et tout recule. Ce n'est pas un contretemps administratif : c'est une règle de droit. Le délai de rétractation de dix jours dont dispose votre acquéreur ne commence à courir que le lendemain du jour où il a reçu l'intégralité du dossier de copropriété. Un document manquant, et votre calendrier entier glisse.
Voici ce qu'il faut réunir, qui paie quoi, et les deux ou trois points qui surprennent presque tous les vendeurs.
Au plus tard à la signature de la promesse ou du compromis, l'acquéreur d'un lot de copropriété doit avoir reçu :
Le règlement de copropriété et l'état descriptif de division, avec les actes qui les ont modifiés s'il y en a.
Les procès-verbaux des assemblées générales des trois dernières années.
La fiche synthétique de la copropriété, établie par le syndic.
Le carnet d'entretien de l'immeuble.
Les conclusions du diagnostic technique global, s'il a été réalisé.
À quoi s'ajoutent les informations financières : les charges courantes que vous avez payées, les sommes qui resteront dues par l'acquéreur, l'état des impayés au sein de la copropriété et de la dette du syndicat envers ses fournisseurs, ainsi que le montant de la cotisation au fonds de travaux.
Ces documents ne sont pas une formalité de confort. Le délai de rétractation de dix jours court à compter du lendemain de la communication complète de l'ensemble — documents et informations financières. Tant qu'il manque une pièce, le compte à rebours n'a pas démarré, et aucune date de signature définitive ne tient.
Si votre acquéreur se rétracte, il le fait par lettre recommandée avec accusé de réception, et les sommes qu'il a versées doivent lui être restituées dans les vingt et un jours.
Le réflexe qui change tout : demandez les documents à votre syndic dès la mise en vente, pas quand l'acheteur est trouvé. Entre la demande et la transmission, il se passe souvent plusieurs semaines — et ce sont vos semaines, pas les siennes.
L'état daté est établi par le syndic au moment de la vente. Il récapitule ce que vous devez encore au syndicat, ce que le syndicat vous doit, et les charges qui incomberont à l'acquéreur. C'est le document qui permet au notaire de faire les comptes.
Il est à la charge du vendeur, et ses honoraires sont plafonnés à 380 € depuis le 1er juin 2020. Si votre syndic vous annonce davantage, le plafond s'applique.
Les diagnostics sont à votre charge.
Les frais de notaire — droits de mutation, émoluments, formalités — sont à la charge de l'acquéreur, sauf accord contraire.
La taxe foncière est due par le propriétaire au 1er janvier, donc par vous pour l'année en cours. Il est d'usage de convenir d'un remboursement au prorata par l'acquéreur : cela se négocie et s'écrit dans l'acte, cela ne va pas de soi.
Les charges de copropriété sont payées par celui qui est propriétaire au moment de l'appel de fonds. La régularisation annuelle, elle, revient à celui qui est propriétaire au moment où elle intervient — souvent l'acquéreur. Là encore, les parties peuvent en convenir autrement dans l'acte.
C'est la surprise la plus fréquente, et elle arrive toujours trop tard. Les sommes que vous avez versées au fonds de travaux sont attachées au lot, pas à vous. Elles ne vous sont pas remboursées au moment de la vente : elles restent acquises au syndicat et bénéficient à votre acquéreur.
Depuis l'adoption du plan pluriannuel de travaux, la cotisation annuelle au fonds ne peut d'ailleurs être inférieure à 2,5 % du montant des travaux prévus au plan, ni à 5 % du budget prévisionnel — les deux seuils s'appliquent ensemble. Dans une copropriété qui provisionne correctement, le fonds peut représenter plusieurs milliers d'euros par lot.
Ce n'est pas une perte sèche, à une condition : le dire. Un acquéreur qui découvre un fonds de travaux bien doté comprend qu'il achète dans une copropriété saine, et que le ravalement à venir est déjà partiellement financé. C'est un argument de valorisation — mais seulement si vous le mettez sur la table, chiffre à l'appui, plutôt que de le laisser figurer en petits caractères dans l'état daté.
Le calendrier du diagnostic de performance énergétique collectif s'est achevé cette année. Il est obligatoire depuis le 1er janvier 2024 pour les copropriétés de plus de 200 lots, depuis le 1er janvier 2025 pour celles de 50 à 200 lots, et depuis le 1er janvier 2026 pour celles d'au plus 50 lots.
Autrement dit : dans le nord du 17e, où les immeubles comptent rarement plus de quarante lots, la quasi-totalité des copropriétés est concernée depuis cette année. Si la vôtre ne l'a pas encore fait voter, l'absence ne bloque pas votre vente — c'est une obligation qui pèse sur la copropriété, pas une condition de validité de la transaction. Mais votre acquéreur la remarquera, son notaire la signalera, et elle entrera dans la discussion sur le prix.
Ravalement, remise aux normes de l'ascenseur, réfection de toiture, colonnes d'eau : c'est le premier poste que regarde un acquéreur averti après le prix.
La règle de principe est simple : celui qui est copropriétaire à la date d'exigibilité de l'appel de fonds paie. Mais les parties peuvent convenir autrement dans l'acte, et c'est précisément ce qui se négocie. Mieux vaut en discuter à l'écrit avant la promesse que de le découvrir à la lecture du dernier procès-verbal, trois jours avant la signature.
Le conseil qui fait gagner du temps et de l'argent : annoncez le chiffre vous-même. Un acheteur qui découvre un ravalement voté déduit le montant de son offre, presque toujours avec une marge de sécurité supérieure au devis réel, parce qu'il se protège de ce qu'il ne sait pas. Un acheteur à qui on présente le devis, l'échéancier et l'état du fonds de travaux raisonne sur des chiffres, pas sur une inquiétude.
Le bâti des Épinettes, de Guy Môquet, de Brochant et de La Fourche est majoritairement composé d'immeubles faubouriens et de petites copropriétés. Deux conséquences très concrètes.
D'abord, la répartition. Un ravalement de 180 000 € se répartit sur douze lots ou sur cent vingt : la quote-part n'a rien à voir. Dans une petite copropriété, un seul gros poste de travaux pèse immédiatement sur chaque vendeur, et donc sur chaque négociation.
Ensuite, l'âge du parc. Immeubles anciens signifie mises aux normes plus fréquentes — ascenseur, électricité des parties communes, réseaux — et des assemblées générales plus chargées. Les procès-verbaux des trois dernières années sont, chez nous, rarement une formalité.
Pour situer votre bien avant d'entrer dans ces questions, nous avons détaillé les prix et les délais de vente aux Épinettes et autour de Guy Môquet dans un article dédié. [À LIER : ajouter ici un lien vers l'article de Batignolles « Vendre à Paris 17 : maintenant ou attendre le printemps ? » sur l'expression « dans un marché plus sélectif », puis supprimer cette mention] Dans un marché plus sélectif qu'au printemps, un dossier incomplet suffit à faire basculer un acquéreur vers un autre bien.
Demandez au syndic le règlement de copropriété et l'état descriptif de division.
Rassemblez les procès-verbaux des trois dernières assemblées générales.
Demandez la fiche synthétique et le carnet d'entretien.
Vérifiez l'existence d'un diagnostic technique global et récupérez ses conclusions.
Demandez le montant de votre quote-part du fonds de travaux et l'état des impayés de la copropriété.
Faites chiffrer les travaux votés non encore appelés, avec leur échéancier.
Vérifiez où en est le DPE collectif de l'immeuble.
Faites réaliser vos diagnostics individuels et vérifiez que votre DPE est à jour.
Prévoyez l'état daté, à votre charge, plafonné à 380 €.
Mettez de côté votre dernier avis de taxe foncière.
Cela varie d'un cabinet à l'autre, et c'est précisément pour cette raison qu'il faut s'y prendre dès la mise en vente plutôt qu'à la signature. Un dossier demandé le jour où l'offre est acceptée arrive souvent trop tard pour tenir le calendrier annoncé à l'acquéreur.
Oui. L'obligation pèse sur la copropriété, pas sur vous, et son absence ne rend pas la vente impossible. Elle sera en revanche relevée par l'acquéreur et par le notaire, et elle pèsera dans la négociation.
Non. Elles sont attachées au lot et restent acquises au syndicat des copropriétaires. Valorisez-les dans la présentation de votre bien plutôt que d'espérer leur remboursement.
En principe, celui qui est copropriétaire à la date d'exigibilité de l'appel de fonds. Mais les parties peuvent en décider autrement dans l'acte : c'est un point de négociation à traiter avant la promesse, pas après.
Oui, et sans hésiter. Les procès-verbaux des trois dernières années doivent être remis intégralement. Omettre un conflit ou une procédure en cours expose à un recours de l'acquéreur après la vente, bien plus coûteux qu'une discussion franche avant.
Réunir ce dossier prend du temps et suppose de savoir quoi demander, à qui, et dans quel ordre. C'est une partie de notre travail : nous sollicitons le syndic, nous vérifions que rien ne manque avant la promesse, et nous présentons les travaux votés de façon à ce qu'ils ne se transforment pas en argument de négociation contre vous.
Si vous envisagez de vendre dans les prochains mois, le bon moment pour lancer la collecte, c'est maintenant. Demandez une estimation gratuite de votre appartement, ou écrivez-nous — ERA Guy Moquet, 48 rue Guy Môquet, Paris 17e.
Code de la construction et de l'habitation, article L721-2 — documents remis à l'acquéreur d'un lot de copropriété
ANIL — devenir propriétaire d'un logement en copropriété ; vente d'un logement en copropriété et frais d'état daté
ANIL — obligations de diagnostic de l'immeuble : DPE collectif, DTG, PPPT
Loi n° 65-557 du 10 juillet 1965, article 14-2 — fonds de travaux
Informations vérifiées le 30 octobre 2026. La réglementation de la copropriété évolue régulièrement ; cet article est mis à jour à chaque modification.