
Les prix se tassent, les taux remontent, les ventes ralentissent. Ce que disent vraiment les chiffres d’octobre 2026, et ce qu’ils changent pour votre vente.
Depuis la rentrée, trois choses ont bougé en même temps : les prix de l'ancien sont repassés en territoire négatif, le rythme des ventes a nettement ralenti, et les taux de crédit sont repartis à la hausse. Si vous envisagez de vendre votre appartement dans le 17e, la question ne se pose plus comme au printemps. Voici les chiffres, et surtout ce qu'ils impliquent pour vous.
Selon la note de conjoncture des Notaires de France publiée le 23 octobre, les prix des logements anciens ont reculé de 1 % sur le deuxième trimestre 2026 et de 0,8 % sur un an, après une stabilité au premier trimestre.
Le détail compte plus que la moyenne. Sur un an, les maisons perdent 1,3 % quand les appartements ne cèdent que 0,1 %. En Île-de-France, le recul est de 0,3 % sur un an, et les appartements franciliens progressent même légèrement. À Paris, la Chambre des notaires relève 9 550 €/m² pour les appartements à fin juillet, soit −0,5 % sur un an, avec une projection autour de 9 600 €/m² en octobre d'après les avant-contrats signés.
Autrement dit : ce n'est pas un effondrement, c'est un tassement, et il frappe surtout la maison de province. L'appartement parisien, lui, tient.
951 000 logements anciens ont été vendus sur les douze mois arrêtés à fin août 2026, soit +3,6 % sur un an. Le chiffre paraît bon jusqu'à ce qu'on le compare : fin 2025, cette progression approchait 13 %. Les notaires envisagent environ 920 000 transactions à fin 2026 si le ralentissement se poursuit.
En Île-de-France, le marché reste mieux orienté : environ 36 810 ventes entre mai et juillet 2026, en hausse de 5 % sur un an et de 16 % par rapport à 2024. Les ventes ont progressé de 4 % à Paris.
La lecture utile pour un vendeur : il y a toujours des acheteurs, ils sont simplement moins nombreux et plus sélectifs qu'au printemps.
Deux chiffres circulent et ils ne mesurent pas la même chose. Le taux moyen réellement accordé sur les nouveaux crédits à l'habitat était de 3,32 % en août 2026, contre 3,30 % en juillet. Les barèmes négociés par les courtiers, eux, sont passés d'environ 3,40 % début septembre à 3,50 à 3,55 % sur vingt ans en octobre, le barème bancaire moyen avant négociation atteignant 3,86 %.
Si votre acquéreur vous annonce un taux plus bas que celui que vous avez lu dans la presse, il n'a donc pas forcément tort : il parle du taux qu'il a obtenu, pas du barème affiché. Dans les deux cas, la direction est la même — la hausse s'est accélérée depuis la mi-septembre et devrait se poursuivre au moins jusqu'à la fin de l'année.
Un vendeur regarde l'indice des prix. Son acheteur, lui, regarde sa mensualité. Et c'est la mensualité qui décide du montant de l'offre.
Chaque dixième de point de taux ampute la capacité d'emprunt. Meilleurtaux estime qu'un passage durable au-dessus de 4 % écarterait environ 20 % des emprunteurs actuels, à moins qu'ils n'augmentent leur apport. Le taux d'usure, plafond légal au-delà duquel une banque ne peut pas prêter, est fixé à 5,40 % depuis le 1er octobre pour les prêts de vingt ans et plus.
Conséquence directe, et contre-intuitive : le budget de vos acheteurs se réduit plus vite que les prix du marché. Attendre ne vous protège donc pas mécaniquement. Si les prix cédaient 1 % pendant que la capacité d'emprunt reculait davantage, vous auriez attendu pour rien.
La réponse honnête tient en trois points, et elle dépend plus de vous que du marché.
Le printemps reste statistiquement la meilleure saison : plus d'acheteurs en recherche active, plus de visites, des logements qui se montrent sous leur meilleur jour. C'est réel, et ce n'est pas rien.
Si la hausse des taux se poursuit comme l'anticipent les courtiers, vos acheteurs du printemps disposeront d'un budget inférieur à ceux d'aujourd'hui. Vous gagneriez en nombre d'acheteurs ce que vous perdriez en capacité par acheteur. Et vous vous retrouveriez au printemps face à tous les vendeurs qui auront fait le même calcul — une concurrence que vous n'avez pas aujourd'hui.
Vendez-vous pour racheter ? Si oui, un marché qui se tasse joue dans les deux sens : vous vendez un peu moins cher, vous achetez un peu moins cher, et l'opération est neutre — voire favorable si vous montez en gamme, puisqu'une baisse de 1 % sur un bien à 800 000 € pèse plus lourd que sur un bien à 500 000 €. Dans ce cas, le calendrier compte peu.
Vendez-vous sans racheter — succession, départ en province, arbitrage patrimonial ? Là, le calendrier compte davantage, et la question mérite d'être posée bien par bien.
La seule règle qui vaut dans tous les marchés : un bien correctement positionné se vend. Un bien surévalué ne se vend dans aucun. La saison ne rattrape jamais une erreur de prix.
Pour la grande majorité des vendeurs, non — et il faut le dire clairement, parce que la période des débats budgétaires fait circuler beaucoup d'approximations.
La vente de votre résidence principale reste totalement exonérée de plus-value, sans condition de durée de détention ni d'occupation. La loi de finances pour 2026 n'a rien changé à ce régime : les propositions visant à le conditionner ou à raccourcir les délais d'abattement n'ont pas été adoptées. Pour une résidence secondaire ou un bien locatif, l'imposition reste à 36,2 % (19 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux), avec une exonération totale au bout de 22 ans pour l'impôt et 30 ans pour les prélèvements sociaux.
Le projet de loi de finances pour 2027, présenté le 1er octobre 2026, est encore en discussion au Parlement : à ce jour, rien n'est voté. Les mesures immobilières qu'il contient visent principalement la location meublée, avec un plafonnement envisagé de la déduction des amortissements à 2,5 % dans la limite de 7 000 € par an, et un encadrement des amortissements en report pour les exercices clos avant le 1er janvier 2027.
Si vous vendez votre résidence principale, il n'y a donc aucune urgence fiscale à signer avant le 31 décembre. Si vous détenez un meublé locatif, c'est en revanche le bon moment pour en parler à votre notaire ou à votre comptable — sur la base du texte qui sera voté, pas des titres de presse.
Quand le marché se tend, l'écart se creuse entre les biens qui cochent les cases et les autres. Ce n'est plus un marché où tout part.
Ce qui se vend vite : un étage élevé avec ascenseur, de la lumière et peu de vis-à-vis, un plan fonctionnel sans pièce perdue, une copropriété saine sans gros travaux en attente, et une étiquette énergétique correcte.
Ce qui stagne : un rez-de-chaussée sur rue passante, un DPE classé F ou G, une copropriété avec un ravalement voté et non provisionné, et surtout un prix calé sur ce que le voisin a obtenu en 2022.
Deux points réglementaires à vérifier avant de publier votre annonce, parce qu'ils coûtent cher à qui les découvre en cours de route. D'abord votre étiquette énergétique : le mode de calcul du DPE a changé au 1er janvier 2026 en faveur des logements chauffés à l'électricité, et beaucoup d'étiquettes de 2021-2023 sont aujourd'hui périmées à votre désavantage. [À LIER : poser ici le lien vers l'article « Nouveau DPE 2026 » sur l'expression « le mode de calcul du DPE a changé », puis supprimer cette mention]
Ensuite le DPE collectif de votre immeuble : depuis le 1er janvier 2026, il est obligatoire pour les copropriétés de cinquante lots et moins, soit la grande majorité des immeubles du 17e. Votre acquéreur le demandera, et son notaire le signalera. Pour le reste du dossier, nous détaillons les diagnostics obligatoires pour vendre à Paris dans un autre article.
Est-ce que je vends pour racheter ? Si oui, le marché est largement neutre pour vous et le calendrier devient secondaire.
Est-ce que mon bien est prêt ? DPE à jour, diagnostics réalisés, trois derniers procès-verbaux d'assemblée générale réunis, travaux votés chiffrés. Un dossier complet dès le premier jour raccourcit le délai de vente et réduit la négociation.
Est-ce que mon prix est calé sur le marché d'aujourd'hui ? C'est la question qui décide de tout le reste. Un prix de 2022 dans un marché de 2026 produit trois mois de silence, puis une baisse subie.
Personne ne le sait, et méfiez-vous de toute prévision catégorique. Ce que l'on peut dire : les notaires projettent −0,5 % sur un an pour les appartements à fin novembre 2026 et restent prudents au-delà, en liant explicitement la suite aux conditions de financement et au contexte économique.
Un bien qui ne génère pas de visites après trois semaines d'annonce a un problème de prix, pas de saison. Attendre ne le résout pas : plus une annonce vieillit, moins elle attire, et les acheteurs qui l'ont déjà écartée ne reviennent pas.
C'est le point à sécuriser avant de signer. Demandez une simulation de financement, pas une simple déclaration d'intention. Le taux d'usure, à 5,40 % depuis le 1er octobre pour les prêts de vingt ans et plus, peut bloquer certains dossiers que les banques auraient acceptés il y a un an.
Les moyennes nationales ne veulent rien dire à l'échelle d'un arrondissement. Nous vous communiquons volontiers le délai moyen que nous constatons sur le secteur, bien par bien.
C'est précisément quand le marché se tend que le positionnement du prix et la qualité de la présentation font la différence. Nous avons détaillé les critères dans notre article sur le choix d'une agence immobilière dans le 17e.
Un indice national ne dit rien de votre appartement. Votre étage, votre exposition, l'état de votre immeuble et les travaux votés en assemblée générale pèsent souvent plus lourd, dans une négociation, que la variation trimestrielle des prix parisiens.
Si vous hésitez entre vendre maintenant et attendre, le plus utile est de partir d'un chiffre réel. Nous suivons les ventes du 17e rue par rue et nous vous disons ce que vaut votre bien aujourd'hui, sans engagement. Pour aller plus loin, notre guide pour vendre son appartement à Paris 17 reprend chaque étape, et le rôle du notaire dans la vente est expliqué ici.
Demander une estimation gratuite de votre appartement — ERA Batignolles, 97 bis rue Legendre, Paris 17e.
Notaires de France — note de conjoncture immobilière publiée le 23 octobre 2026 (données du 2e trimestre 2026 et projections à fin novembre 2026)
Chambre des notaires de Paris — conjoncture immobilière en Île-de-France, mai à juillet 2026
Meilleurtaux — baromètre des taux, octobre 2026
Projet de loi de finances pour 2027, présenté le 1er octobre 2026 — en cours de discussion parlementaire
ANIL — analyse juridique de la loi de finances pour 2026
Informations vérifiées le 30 octobre 2026. Les données de marché sont actualisées à chaque publication trimestrielle des Notaires de France.